05 Mai 2022

La réussite de deux entrepreneures qui ont créé un produit prometteur grâce à leurs idées novatrices

Le lancement d’un nouveau produit nécessite non seulement une idée originale ou un concept accrocheur, mais surtout l’innovation qui permet de répondre à un besoin ou de résoudre un problème. Quand la demande sur le marché est étroitement liée à des valeurs sociales et environnementales, il y a fort à parier que des occasions d’affaires se présentent.

Ce scénario a pris forme pour Elizabeth Coulombe et Valérie Laliberté, bachelières en design de produits. Leur projet d’études les a menées à la création de Tero, un appareil novateur qui transforme 95 % des déchets alimentaires en un fertilisant naturel et riches en nutriments, prêt à l’emploi pour les plantes, les légumes et la pelouse.

Après avoir reçu un accueil frénétique et un grand nombre de précommandes, les deux designers‑entrepreneures étaient prêtes à s’investir dans de nouveaux projets. L’objectif de leur campagne de sociofinancement ayant été fracassé (2 500 % du montant établi), elles se sont lancées dans le développement d’un petit appareil de cuisine qui ne nécessitait rien de moins qu’une bonne dose de génie mécanique, électrique et électronique. Fières de leur design léger et épuré, elles ont constaté le besoin d’intégrer des composants essentiels pour inclure les fonctionnalités souhaitées, tout en respectant les normes de certification nécessaires à la production en série.

  • Comment pouvaient-elles s’assurer que leur conte de fées mène à un produit fonctionnel, livrable dans les temps à leurs futurs et fébriles utilisateurs?
  • Comment envisageaient-elles d’ajouter les fonctionnalités souhaitées en préservant un design léger et épuré?
  • Où allaient-elles trouver les connaissances en génie et en développement de produits?
  • Comment un bassin de ressources diversifiées allait-il consolider leur expérience et contribuer au développement d’un produit durable et de grande qualité, qui répondrait à la demande du marché et aux besoins des clients?

⇨ Une rencontre avec Creaform Ingénierie a permis aux deux entrepreneures de s’éviter bien des maux de tête, et de développer un produit unique et de grande qualité

Un levier pour l’innovation

Le point de départ pour innover consiste souvent à s’attaquer à un problème complexe, mal compris ou non résolu, à comprendre les besoins qui y sont liés, et à recadrer la situation d’un point de vue humain.

Constatant l’accès insuffisant aux programmes de compostage municipaux, le manque d’espace extérieur pour traiter les matières organiques résiduelles et l’absence de solutions pour le compostage, Elizabeth et à Valérie ont pu concrétiser leur idée.

Elles se demandaient s’il était possible de rendre le compostage agréable et accessible à tous les citoyens. Après tout, la plupart des personnes aimeraient bien faire leur part pour l’environnement; le compostage les intéresse. Plusieurs irritants freinent toutefois leurs ardeurs : odeurs désagréables, insectes indésirables, manque d’espace, de temps et de connaissances.

Déterminées à trouver une solution, les designers voulaient d’abord connaître en détail le problème qu’elles tentaient de résoudre. Elles ont consulté des experts pour en apprendre davantage au sujet du cycle de vie des déchets ménagers. Elles se sont rendues dans des centres de compostage industriel, des usines d’incinération, des centres de tri, des sites d’enfouissement et des écocentres. Elles ont fait la rencontre de centaines de citoyens, à leur domicile, pour apprendre de leur expérience en matière de gestion des résidus alimentaires.

Constat unanime

Le problème est le même pour tous : dans la poubelle ou au compost, les matières organiques dérangent étant donné leur forte odeur et leur humidité.

Il ne fait pas de doute que les gens veulent faire leur part pour protéger l’environnement, réduire le gaspillage alimentaire et leur empreinte carbone. Ce sont toutefois les odeurs et les mouches qui freinent leur adhésion au compostage. De plus, les personnes qui vivent en appartement ou en condo n’ont simplement pas l’espace pour composter.

Au terme de leurs observations, de leurs discussions et de leurs rencontres, Valérie et Elizabeth ont ciblé un problème chez les citoyens. À ce point rendu, elles n’avaient pourtant aucune idée du produit qui allait régler ce problème.

Sortir des sentiers battus

Alors qu’elles se faisaient une idée des utilisateurs potentiels et de leurs besoins, les designers ont commencé à élaborer des concepts en analysant et en consolidant leurs observations. Elles ont dû sortir des sentiers battus pour trouver une nouvelle solution au problème qu’elles avaient soulevé, le but n’étant pas de créer un produit qui allait transformer un déchet en une autre forme de déchet. C’est en observant le problème sous d’autres angles que l’idée de créer un fertilisant naturel est survenue.

Leur rencontre avec un agronome a confirmé la pertinence de cette solution : nos sols manquent de matière organique. Et donc, en déshydratant puis en broyant les résidus alimentaires, on pourrait obtenir un fertilisant naturel. On s’en servirait ensuite pour faire pousser des plantes, des légumes et de la pelouse en pleine santé, facilement et rapidement.

Naissance de Tero

L’idée d’un produit qui pourrait transformer les résidus alimentaires en fertilisant naturel était née. Étant donné leurs connaissances approfondies en design, Valérie et Elizabeth savaient pertinemment que leur solution en remplacement du compostage devait être conviviale et facile à nettoyer. Après tout, le principal concurrent de leur produit allait être… la poubelle. Elles voulaient par ailleurs développer un produit qui allait occuper peu d’espace dans la cuisine. En plus, l’appareil devait produire peu de bruit, fonctionner sans émettre d’odeurs et être accessible à tous. Chaque personne et chaque famille pourrait ainsi faire sa part pour l’environnement, à même son condo, sa maison ou son appartement.

Création d’un produit unique

En se mettant à la place de leurs utilisateurs potentiels, les designers ont pu établir les besoins auxquels leur produit allait répondre et éliminer les contraintes pouvant découler de son usage, le tout afin de créer une solution unique et d’améliorer l’expérience d’utilisation.

Pas de problème! Il était désormais temps de passer du côté ingénierie. En plus d’être fonctionnel, le produit devait aussi être conçu pour la production en série.

Collaboration dès le début du projet

À ce point rendu, les entrepreneures en devenir disposaient d’un concept aux assises solides auquel elles désiraient ajouter des fonctions de broyage et de séchage afin de créer le prototype qui allait servir à lancer leur campagne de sociofinancement. Une première rencontre avec Creaform Ingénierie a permis de soulever d’autres questions importantes.

Comme mentionné, l’odeur et l’humidité étaient les premiers aspects à aborder. Le choix du moteur était également crucial puisqu’il devait broyer des résidus alimentaires de différentes consistances en demeurant relativement silencieux. De plus, l’obtention des certifications pour développer un petit appareil de cuisine devait se faire rapidement.

De toute évidence, la conception d’un appareil aussi novateur comportait son lot de défis techniques; c’est pourquoi il a fallu faire appel à une équipe d’ingénieurs chevronnés. Le développement des composants, le choix des matériaux, la fabricabilité et la fiabilité sont autant d’aspects à aborder pendant le développement d’un produit.

Sans attendre, Creaform Ingénierie a mis son savoir-faire et sa rapidité d’exécution au profit du projet d’Elizabeth et de Valérie.

Et ainsi, Creaform Ingénierie a pu faire profiter l’équipe Tero de son expérience en design, en ingénierie, en mise à l’essai et en simulation. En plus d’avoir recours à une équipe multidisciplinaire composée d’experts, Tero pouvait maintenant profiter de technologies puissantes et d’un équipement de pointe pour concevoir leur produit novateur. Tero savait désormais que l’ingénierie était entre de bonnes mains.

La preuve qu’un marché existe pour Tero

Les astres s’alignaient dans le ciel de Tero. Les entrepreneures avaient trouvé une solution à un problème bien réel, et s’étaient adjoint les services d’une équipe d’experts pour rendre leur design fonctionnel. Et pourtant, un nuage planait au-dessus d’elles : il fallait de l’argent pour mener à bien leur projet.

Grâce à leur produit technologiquement avancé s’adressant aux consommateurs (B2C), assorti d’un design écoresponsable et de caractéristiques qui allaient faire mousser la campagne de sociofinancement, Elizabeth et Valérie ont pu obtenir de nombreuses précommandes. C’était la preuve qu’un marché existait pour Tero, preuve dont les investisseurs avaient besoin avant d’injecter leur argent.

Réussite de la campagne de sociofinancement

C’est donc en octobre 2019 que Tero a lancé sa campagne de sociofinancement sur la plateforme Kickstarter. Cette campagne d’un mois, dont l’objectif était fixé à 70 000 $ (atteint en dix minutes), a permis de recueillir plus de 1 750 000 $. Valérie et Elizabeth étaient tout simplement estomaquées. Quelle surprise! Et quel honneur d’avoir atteint l’objectif si rapidement, et d’avoir confirmé le besoin urgent de développer un produit qui s’inscrirait dans le quotidien des gens.

Profitant d’un levier financier et du pouls du marché, les deux entrepreneures pouvaient désormais se concentrer sur l’aspect technique qui allait transformer les résidus alimentaires en un fertilisant sec, naturel et riche en nutriments pour les plantes, la pelouse et le jardin.

Une équipe multidisciplinaire sous un même toit

Puisque l’appareil Tero devait inclure des composants mécaniques, électriques et électroniques, et nécessitait la conception de pièces en plastique et l’obtention de certifications, les designers ont pu profiter d’un accès à tous les membres de l’équipe sous un même toit, chacun travaillant en parallèle sur un aspect du projet. Confier le développement du produit à différentes firmes et à divers consultants, chacun travaillant en silo, représentait un risque – certains aspects pourraient accidentellement « tomber entre les craques ».

Tero a ainsi pu tirer profit de la vaste expérience de Creaform. Après tout, leur équipe avait déjà conçu de nombreux produits pour divers secteurs, y compris l’automobile, le médical, les produits de consommation, l’industrie, l’exploitation minière, l’éclairage, et bien plus. Le fait que Creaform connaisse bien les obstacles qui allaient se présenter pendant le développement du produit a donné confiance à Elizabeth et à Valérie.

Creaform Ingénierie devait développer les trois principales fonctions de l’appareil Tero : chauffer, broyer et sécher. Les ingénieurs mécaniques, électriques et électroniques ont dû unir leurs forces pour concevoir des composants durables et pour gérer les aspects de l’odeur et de l’humidité.

Design industriel

Pour respecter le concept initial, l’équipe Tero a fait confiance au savoir-faire des designers industriels chez Creaform afin de trouver le parfait équilibre entre innovation, esthétique et fonctionnalité. Parmi les aspects esthétiques, on retrouverait une forme simple, des boutons rétroéclairés et des dimensions convenant parfaitement à un appareil sur le comptoir et sous les armoires. En plus, un filtre au charbon activé situé sous le couvercle scellé et verrouillé servirait à éliminer les odeurs – caractéristique essentielle à la convivialité du produit. Et finalement, le récipient à résidus alimentaires serait amovible et irait au lave-vaisselle – aspect important pour faciliter le nettoyage.

Ingénierie mécanique

Les ingénieurs mécaniques de Creaform se sont joints à l’équipe Tero afin d’effectuer des analyses de rendement et de choisir des composants qui correspondent aux spécifications du produit en matière de durabilité, de coût et de sécurité. Les composants suivants sont donc passés sous la loupe avant d’être choisis : une plaque chauffante pour déshydrater les résidus alimentaires, un moteur dont le régime, le cycle de service et le couple lui permettent de broyer les résidus de différentes consistances, et un ventilateur dont la puissance lui permette d’assécher les résidus. Les analyses visaient à examiner le bruit généré par l’appareil (60 dB maximum), le dégagement d’odeurs (aucune) et le temps de cycle complet (trois à huit heures). Pour effectuer de telles analyses, les ingénieurs ont fait usage de la mécanique des fluides numérique (MFN). Et finalement, chaque élément du système a dû être mis à l’essai, inspecté et certifié selon les normes de l’Association canadienne de normalisation (CSA) et des Underwriters Laboratories of Canada (UL).

Dynamique des fluides numérique

Chez Creaform, l’expérience de l’équipe MFN en matière de mécanique des fluides et de transfert thermique a permis d’atteindre des niveaux de rendement et de qualité supérieurs. En employant des méthodes numériques, les experts en MFN ont été en mesure d’optimiser le débit d’air, la chaleur et l’humidité de l’appareil Tero. Les simulations de MFN ont également permis de concevoir, d’optimiser et d’effectuer le suivi des fonctions suivantes : 1) dissipation de l’humidité pour déshydrater les résidus alimentaires rapidement et 2) gestion des odeurs pour équilibrer les émanations contenues dans le filtre au charbon. Ces réglages ont aidé à réduire le temps de cycle, à améliorer la vitesse du ventilateur et à épargner le temps attribuable aux nombreux essais physiques.

Ingénierie électrique

Les experts en ingénierie électrique ont offert de précieux conseils à l’équipe pour choisir les composants homologués UL et CSA – choix qui allait avoir une grande incidence sur les certifications. Les ingénieurs ont dû chercher un bloc d’alimentation compatible, choisir plusieurs capteurs pour les fonctions de sécurité, et sélectionner le ventilateur correspondant aux critères établis. Les composants choisis devaient également satisfaire le critère de l’espace et entrer dans les dimensions limites du produit. Et donc, les membres de l’équipe ont employé des outils de pointe pour toutes les tâches d’ingénierie électrique : design, prototypage et mise à l’essai.  

Ingénierie électronique

Concevoir l’électronique pour un nouvel appareil de cuisine de petit format en s’appuyant sur la technologie moderne nécessite une vaste expérience et des connaissances approfondies. Rédaction des spécifications, établissement de l’architecture matérielle, sélection des composants électroniques, conception de la carte de circuit imprimé… Toutes ces tâches ont été confiées à l’équipe d’experts en électronique de Creaform. Leur travail était particulièrement important puisqu’au bout du compte, le produit devait satisfaire les normes CSA et UL.

Analyse par éléments finis (AEF)

Grâce à leur expertise interne en AEF, les membres de l’équipe Creaform ont analysé le comportement du matériau et ont aidé à choisir les résines plastiques. L’utilisation de l’AEF s’est avérée essentielle pour dimensionner les pièces et s’assurer qu’elles résistent aux températures et aux efforts mécaniques tout au long du cycle de vie du produit.

Prototypes, bancs d’essai et corrélations

Plusieurs prototypes ont été conçus pendant le processus de développement du produit. En plus d’avoir mis le produit en conditions d’utilisation sur des bancs d’essai, l’équipe a calculé des corrélations au moyen de modèles de simulation numérique (AEF et MFN). Les paramètres de bruit, d’odeur et de vibration ont été testés à de nombreuses reprises. Des essais mécaniques et électriques ont également été effectués pour valider les fonctions de chauffage, de broyage et de séchage, et pour assurer la durabilité et la performance du produit.

Travail d’équipe et discussions quotidiennes

Au cours des mois de développement, Tero et Creaform Ingénierie ont travaillé main dans la main. Des discussions au quotidien leur ont permis d’aborder chaque problème ponctuellement; l’équipe Tero s’est sentie soutenue tout au long du processus. Les ingénieurs ont pu expliquer leurs décisions en demeurant ouverts au dialogue et aux solutions de rechange proposées par Tero. C’est ainsi que l’équilibre fragile entre les besoins du client et les fonctionnalités a pu être préservé, pour donner un produit unique.

Prochaine étape : production en série

Tero a également profité de l’expérience de Creaform en matière de fabrication; le design a donc été orienté en vue d’une production en série simple et efficace. Toutes les étapes ont été effectuées avec soin, de l’assemblage à l’entreposage, en passant par le choix des composants et des éléments de fixation. Valérie et Elizabeth se sentent maintenant en confiance pour entreprendre la dernière étape du projet : la production des unités précommandées devant être livrées à l’été 2021.

Amélioration et nouvelles versions

Le partenariat entre Tero et Creaform Ingénierie est toujours d’actualité. Un produit durable et réparable a été créé pour réduire le gaspillage. Creaform Ingénierie reste donc tout près de Tero afin de poursuivre l’amélioration du produit et le développement de nouvelles versions.

Un brillant avenir

Avant de se lancer dans l’aventure, Elizabeth et Valérie, les deux entrepreneures et designers à la base du projet Tero, n’avaient aucune expérience en développement de produits; elles se sont donc butées à de nombreuses difficultés en concevant leur nouvel appareil de cuisine. Elles avaient besoin d’une équipe multidisciplinaire composée d’experts qui allaient apporter de nouvelles idées, se charger du projet, se montrer proactifs en cas de problème et demeurer à leur disposition en tout temps pour les soutenir dans leur démarche.

En confiant le projet à Creaform Ingénierie, Elizabeth et Valérie ont acquis une certaine tranquillité d’esprit; elles savaient que chaque étape de développement allait être exécutée selon les règles établies, et qu’elles pouvaient profiter de toute l’expérience et du savoir-faire de l’équipe sous un même toit (électronique, mécanique, certification, MFN, AEF, etc.).

Creaform Ingénierie a toujours témoigné une confiance claire à l’égard du produit Tero. Dès le début, les ingénieurs ont sauté à pieds joints dans le développement du produit, ce qui a donné des ailes à l’équipe Tero. Le développement du produit Tero est passé d’un projet de fin d’études à une jeune pousse florissante. Ce projet, mené par Valérie Laliberté et Elizabeth Coulombe, et soutenu par Creaform Ingénierie, n’a pas fini de surprendre. Les unités précommandées arriveront dans la cuisine des utilisateurs à l’été 2021. Le résultat? Une réduction du gaspillage alimentaire, et des fleurs et des jardins resplendissants.